dimanche 5 septembre 2010
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SOUS CONTRAT AVEC L'ÉTAT

PEDAGOGIE DE L'ACTIVITE

Une nouvelle méthode pour rendre les élèves plus attentifs.

« J’ai pris la place du prof »

Au collège « Le Devoir », le professeur quitte l’estrade pour devenir l’accompagnateur des élèves dans leur travail.  Photo T. D. C.
Au collège « Le Devoir », le professeur quitte l’estrade pour devenir l’accompagnateur des élèves dans leur travail. Photo T. D. C.
 
 
Depuis trois ans, le collège privé Le devoir à Chalon, expérimente la « pédagogie de l’activité ».

 

Une approche moderne de l’enseignement…La participation des élèves en cours est souvent une illusion », affirme Christian Morin, chef d’établissement du collège le Devoir à Chalon. Une classe souvent chargée, un enseignant qui tente d’intéresser les élèves à son discours. Des élèves qui écoutent, ou copient. Ou font comme si. Ou font autre chose. Christophe Morin le reconnaît : « Les jeunes d’aujourd’hui sont différents. Leur environnement technologique aussi et ils ont bien souvent accès par eux-mêmes aux savoirs. C’est à nous, enseignants, d’en tenir compte et de nous adapter pour maintenir leur attention, condition première d’une bonne mémorisation. »

 

Pédagogie de l’activité

Rendre l’élève actif et lui permettre de construire son savoir de manière autonome pendant les heures de classe, voilà l’objectif qui découle de cette constatation. Pour cela, le chef d’établissement a fait appel, il y a trois ans, à Alice Medioni, chercheuse du groupe français d’éducation nouvelle et professeur à l’université Lyon 2, afin de former l’ensemble des professeurs du collège à la « pédagogie de l’activité » et la mettre en pratique.

Largement répandue au Canada, cette manière d’enseigner s’éloigne de l’enseignement interactif traditionnel et surtout du cours magistral. La méthode consiste à organiser les élèves en petits groupes hétérogènes, pour les laisser de manière autonome, répondre à une problématique formulée par le professeur en début de cours. À l’aide d’outils mis à leur disposition, et les règles de l’exercice posées, les élèves « font eux-mêmes le cours ». Et le professeur dans tout ça ? Il reste à la disposition des élèves pour les guider, Mais « il n’est plus le détenteur du savoir, il descend de l’estrade et prend le rôle de l’animateur », explique Christian Morin. « Cette méthode mise en place dans notre établissement a prouvé qu’elle favorisait de surcroît l’adaptation et l’entraide, autant de qualités indispensables aux jeunes qui, une fois dans la vie active, travailleront forcément en équipe. » Quant à la question de l’autorité et du respect, la méthode ne semble pas changer la donne. « Le professeur est moins omniprésent, mais le cours se déroule normalement et dans le respect de l’autre », conclut Christian Morin.

 

Adieu les cartables !

Qui dit changement dans la manière d’enseigner, dit aussi adaptation des moyens pour un équipement plus moderne et interactif. Le collège forme en effet, depuis trois ans, tous les professeurs au tableau blanc interactif mais surtout à un petit appareil nommé « visualiseur », testé depuis la rentrée 2010. Connecté à un vidéo projecteur, un téléviseur ou à un ordinateur, « il projette tout à partir de tout, en 3D », précise le chef d’établissement. Cette nouveauté dispense dorénavant les élèves d’apporter leurs manuels scolaires en cours. Grâce à cet appareil, seul le professeur apporte son livre et l’expose à la vue de tous. Une révolution dans le monde scolaire qui laisse envisager que le cartable trop lourd, pourrait bien, à l’avenir, rester dans les placards.

 
Thérèse di campo
 
Publié le 11/05/2010 dans le Journal de Saône-et-Loire




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